Enquête : Saison du reporting extra financier : « il reste des marges de progrès » (OTI) – par Sophie Massieu – 09 Janvier 2020

Au moment où la plupart des entreprises terminent la collecte de leurs données RSE pour établir leur reporting extrafinancier sur l’exercice 2019, les organismes tiers indépendants (OTI) – sont déjà au travail pour leurs travaux de vérification. Ils pointent des progrès mais aussi des points de vigilance, les uns comme les autres faisant consensus. Décryptage.
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« Les entreprises travaillent sérieusement », estime Sylvain Lambert, associé sustainability au sein du cabinet PwC, au moment ou beaucoup d’organisations terminent avec l’exercice 2019 la collecte des données RSE nécessaires à la production de leur rapport extrafinancier à paraître au premier semestre 2020. Et cet avis est largement partagé par ses confrères vérificateurs. Même si dans le même temps, tous soulignent une inégale maturité des sociétés en matière de reporting RSE, dépendant plus de leur taille, que de leur secteur d’activité : les plus grandes sont habituées de longue date à le pratiquer même si, pour elles comme pour toutes, l’arrivée de la Déclaration de performance extra financière (DPEF) change la donne.

Et une part des progrès semble s’expliquer justement par la mise en place de cette DPEF qui, en 2020, en sera à son deuxième exercice d’application.  « Elle a instauré une approche par les risques », rappelle Julien Rivals, co-responsable des services en développement durable chez Deloitte. « Il faut en lister les principaux, environnementaux, liés aux droits humains, sociaux, liés à la corruption ou à l’évasion fiscale… Les présenter, structurer, représente un exercice nouveau, qui a amené les directions des risques, de la RSE et des ressources humaines à travailler ensemble. » 


Un périmètre incomplet et imprécis

Pour autant, demeurent des points d’amélioration, voire de vigilance. Pour l’ensemble des OTI interrogés, le premier d’entre eux tient au périmètre du reporting. Il s’avère trop souvent non exhaustif, et les données collectées peuvent varier entre diverses entités d’un même groupe. Isabelle Lhoste, associée fondatrice de Finexfi, observe notamment que PME et ETI ont encore de grosses marges de progrès en matière de cartographies des risques. Autre point d’achoppement, le modèle d’affaires. « Cette année, on veut – et cela manquait l’an dernier – du liant entre la description du business model, les risques, les politiques destinées à les couvrir, et des indicateurs de performance pour vérifier qu’on les prend bien en charge», prévient Anne Garans, associée responsable du département développement durable KPMG France. Ce qui ne lui semble pas du tout acquis.

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Isabelle Lhoste